Chronique réalisée lors de l’épisode 492 de Podcast Science
Nous sommes deux dans notre tête
Nous sommes deux dans notre tête. À l’occasion de cet épisode sur le thème « double », j’aimerais vous montrer, ou au moins vous faire ressentir, qu’on n’est pas seul dans notre tête. Que notre cerveau pense pour deux. C’est assez facile à faire à travers des exercices visuelles. C’est un petit challenge à faire uniquement à travers de l’audio. Mais essayons ensemble. Je vous propose de commencer par de simples questions. Vous avez juste simplement à répondre à ces questions. Ça se trouve vous connaissez déjà. Prêt·e ?
– Quelle est la couleur d’un os ?
– Quelle est la couleur de la neige ?
– Quelle est la couleur du cheval blanc d’Henri IV ?
– Quelle est la couleur d’une feuille de papier ?
– Quelle est la couleur d’un nuage ?
– Que boit la vache ?
Deux manières de penser
Voilà. Deux réponses nous viennent à l’esprit. Soit la vache boit du lait ou soit la vache boit de l’eau. Peu importe la bonne réponse. Ce qui nous intéresse c’est que les deux réponses nous sont venues à l’esprit. C’est une des manières d’illustrer qu’on est double, qu’on est deux dans notre tête. Si vous avez répondu que la vache boit du lait vous avez alors suivi votre Moi n°1 qui donne la réponse la plus automatique, celle qui vient naturellement. Si vous avez répondu que la vache boit de l’eau, vous avez écouté votre Moi n°2 qui vous a proposé de réfléchir une seconde fois et finalement répondre de l’eau.
Si ce n’est pas assez clair pour vous, on va y revenir tout au long de cette petite chronique pour mieux détailler ce que sont ces deux entités capables de penser. L’une est automatique : la vache boit du lait. Et l’autre demande davantage de ressources attentionnelles : la vache boit de l’eau. C’est ce qu’on appelle, avec des grands mots, la théorie du double processus.
Duel process theory
Psychologie cognitive
Ce genre de modèle divisant en deux grandes cases la psychologie humaine, aussi simplistes ou généralistes soient-ils, sont extrêmement utilisés en clinique comme en recherche : en neurosciences, en psychologie cognitive, en psychologie sociale ou même en métaphysique et philosophie morale (Blundel et al., 2023, chapitre 7 dans The Routledge Handbook of Philosophy and Implicit Cognition publié par Thompson).
La psychologie cognitive a pour objectif d’expliquer ce qui se passe dans notre petite tête en divisant tout en petits processus, comme les lignes d’un programme informatique. La plus simple division de notre psychologie humaine est de la séparer en deux. Ici, dans la théorie du double processus, entre une partie de processus automatiques et autre partie de processus demandant un focus attentionnel.
Théorie du double processus
Les processus automatiques sont appelés Type 1. Les processus demandant de l’attention sont appelés Type 2. Deux définitions strictes qui ont été amorcées en 1999 par Stanovich pour finalement être clairement définies en 2013 en prenant en compte les critiques avec Evans comme co-auteur (Evans & Stanovich, 2013 : https://doi.org/10.1177/1745691612460685). Stanovich psychologue canadien et Evans psychologue britannique sont les deux chercheurs cognitivistes porteur de cette théorie.
L’idée de différencier les processus de pensées automatiques des processus qui ne le sont pas remonte évidemment à bien plus loin en philosophie. On parle dès fois d’implicite face à l’explicite, d’inconscient face au conscient. Mais ici on parle d’une théorie scientifique. D’une théorie qui est donc utile pour expliquer voire prédire des phénomènes mais surtout qui est basée sur des données expérimentales, avec des termes clairement définis. Commençons d’abord donc par passer en revue le Type 1 et le Type 2 pour bien définir qui sont ces deux petites personnes dans notre tête.
Type 1
Automatisme
D’abord le Type 1. Le Type 1, donc, c’est tout ce qui est automatique. Des processus innés aux processus sur-appris et bien ancrés dans notre tête, où dès la perception de quelque chose, l’action est directement choisie et appliquée. Par exemple, si je vois une araignée, j’ai peur et je recule. Si je marche et que j’approche du vide, sans réfléchir et de manière innée, je recule.
C’est déjà le cas chez les bébés : approcher un nouveau né du vide le fait reculer. Sont compris parmi ce Type 1 donc tous les réflexes et comportements innés. Dès que l’environnement – où le stimulus perçu – s’impose à nous pour réagir automatiquement d’une certaine manière, c’est de l’ordre du Type 1. Avec des grands mots, en psychologie on parle d’affordance, d’associations stimulus-réponses ou de couplage perception-action.
Associations
Autre exemple où je vais très rapidement vous faire participer : Quelle est la capitale de la Turquie ? Je vous laisse deux secondes pour y réfléchir. Quelle est la capitale de la Turquie ? La réponse est Ankara. Si Istanbul vous est venu en tête, c’est tout à fait normal. C’est à cause de ces processus automatiques de Type 1. En fait, on a tellement associé la Turquie à Istanbul – Istanbul étant la ville la plus connue – qu’on a comme automatisme de penser que c’est sa capitale.
Les fortes associations de ce genre permettent l’automatisme. Si je vous demande de colorier une tomate, la première couleur qui vous vient à l’esprit est le rouge. De ce genre de fortes associations, en découlent tout ce qu’on appelle idées reçues, pensées automatiques, stéréotypes ou heuristiques. Quelles sont les stéréotypes associés automatiquement au bon français ? Là, qu’est-ce qui vous vient en tête ?
Amorçage
Si on reprend notre tout premier exemple du « Que boit la vache ? », répondre que la vache boit du lait est une autre illustration de ces fortes associations. Les questions précédentes activaient tellement le champ lexical autour des choses blanches, que dès qu’on demande la question « Que boit la vache », nos processus automatiques met en évidence l’association la plus probable entre le champ lexical de la vache et le champ lexical du mot blanc préalablement sur-activé. Qu’est-ce qui recoupe à la fois le champ lexical du mot « blanc » et celui du mot « vache » ? Hé bien, le mot « lait ». Automatiquement, notre cerveau sélectionne cette réponse qui est la plus probable.
Plus précisément dans l’exemple du « Que boit la vache ? », c’est ce qu’on appelle une technique d’amorçage. L’amorce est le champ lexical du mot « blanc » qui influence la réponse de la question cible « Que boit la vache ? » et permet de prédire la réponse du lait. C’est une technique de manipulation mentale très courante dans les spectacles de mentalisme par exemple, lorsque que le mentaliste prédit le pensée de quelqu’un.
Type 1 : des processus au pluriel
Pour les chercheurs cognitivistes, plus précisément, à la place du mot « automatisme », ils utilisent le mot « autonome ». Le Type 1 rassemble tout processus qui se réalise de manière autonome. S’ils utilisent ce terme, je me demande si on ne pourrait pas y intégrer tout ce qui est lié au système nerveux autonome. Au quotidien notre corps bouge tout seul, comme s’il était contrôlé pour une autre petite personne au sein de nous. Notre cœur bat. On respire. On déglutit. On peut même se débattre ou marcher en mode somnambule en pleine nuit. Et tout ça, sans y penser. Tout ces systèmes autonomes pourraient par extrapolation faire partie du Type 1 (Bellini-Leite, 2022 : https://doi.org/10.3389/fpsyg.2022.805386 ; Daw, 2018 : https://doi.org/10.1038/s41593-018-0258-2).
Lorsque les auteurs, eux, prennent des exemples de processus du Type 1, ils citent la régulation émotionnelle, certaines résolutions de problèmes à objectifs orientés, les sur-apprentissages devenus des associations automatiques et autres apprentissages implicites dont le conditionnement (Evans & Stanovich, 2013 : https://doi.org/10.1177/1745691612460685). Ainsi, dans cette théorie du double processus, quand on évoque Type 1, on n’évoque pas qu’un seul processus mais de multiples systèmes autonomes : allant des comportements innées aux comportements sur-appris et conditionnés.
Sur-apprentissage
Si les processus et comportements autonomes ou automatiques de Type 1 ne sont encore assez clairs pour vous j’ai deux autres exemples à vous donner : la conduite d’une voiture, et la marche. Pour les conducteurs de voiture expérimentés, il est devenu tellement automatique de conduire que souvent on est capable de penser à autre chose et divaguer dans nos pensées. Ça, typiquement, ça veut dire que l’action de conduire est devenue plus automatique de Type 1.
Pareil lorsqu’on marche. Lorsque vous marchez vous avancez une jambe après l’autre automatiquement. Il ne me semble pas que vous vous dites consciemment qu’il faut contracter tel muscle pour lever la jambe, fléchir le genou ou consciemment se dire que vous allez reposer le talon du pieds en premier. Non. Tout ça se fait de manière automatique sans y penser. On peut dire que tout ça c’est typique des comportements et processus de Type 1.
Type 2
Mémoire de travail
Passons au Type 2. Jusque là on a détaillé le Type 1 ou plutôt LES Type 1, au pluriel, qui sont de l’ordre de l’autonomie, de l’automatisme donc. À l’inverse, pour le Type 2 il y a une notion de volonté et de contrôle. Des notions qui parlent à tout le monde mais qui sont difficiles à définir scientifiquement. Dans la théorie du double processus, le Type 2 se définit par une seule notion : l’utilisation de la mémoire de travail.
La mémoire de travail est un modèle très utilisé pour expliquer plusieurs mécanismes de pensées, plusieurs processus cognitifs, quand on « réfléchit ». Je ne vais pas entrer dans les détails, mais en gros la mémoire de travail, c’est une mémoire où a) on peut retenir des choses, b) tout en utilisant son contenu. Par exemple, si je calcule 2+2*4 je vais faire 2*4 = 8 et je vais retenir ce 8 dans ma mémoire de travail pour lui additionner 2. La mémoire de travail n’est donc pas un coffre où on stocke des choses passivement. C’est plus un bloc note ou une ardoise sur laquelle on travaille.
Définition Vs Corrélation
Tout processus de Type 2 demande donc davantage d’effort. Ça demande de retenir des choses, de remettre en question, de rafraîchir des éléments en mémoire… Bref, très grossièrement dit, ça « demande réflexion ». Le Type 2 est donc majoritairement plus lent que le Type 1, et se fait majoritairement de manière séquentiel, c’est-à-dire une réflexion par une, alors que les processus automatiques de Type 1 peuvent se faire plusieurs à la fois (Evans, 2003 : https://doi.org/10.1016/j.tics.2003.08.012).
Il faut toutefois être clair. Toutes les caractéristiques du Type 2 – lent, séquentiel, demandant un effort, capable de prédiction par raisonnement par hypothèses (Bellini-Leite, 2022 : https://doi.org/10.3389/fpsyg.2022.805386) – tout ça sont des corrélations du processus de Type 2, mais ne le définisse pas. La seule chose qui définit le Type 2 est l’utilisation de la mémoire de travail, ou dit autrement une attention focalisée comme si on se concentrait sur quelque chose (Evans & Stanovich, 2013 : https://doi.org/10.1177/1745691612460685).
Conflit cognitif
Type 1 et Type 2 sont donc comme deux petites personnes dans notre tête capables de percevoir le monde, capables d’utiliser nos neurones et capables d’initier une réponse et un comportement. Dès que ces deux petites personnes sont là, il est alors possible d’avoir en tête deux réponses en même temps ! Deux types de pensée qui peuvent entre en compétition pour le contrôle de nos actions (Evans, 2003 : https://doi.org/10.1016/j.tics.2003.08.012). On parle dès fois de conflit cognitif.
Pour illustrer ça simplement, on peut reprendre un exemple de capitale. Ça vous dit ? Quelle est la capitale de… l’Australie ? Si vous savez que la capitale de l’Australie est Canberra, vous ne pouvez vous empêcher de penser à Sydney (ou Melbourne comme l’évoquait Pascal ??) malgré tout, n’est-ce pas ? La réponse de Type 1 est Sydney et la réponse de Type 2 est Canberra. Et les deux sont là. Comme en conflit. Et on doit en taire une pour répondre l’autre. Hé bah, ce mécanisme là, on appelle ça l’inhibition.
Arguments cognitifs
Stroop
L’exemple de la capitale, c’est juste un petit truc pour vous faire comprendre rapidement. Mais scientifiquement, une des manières d’évaluer l’inhibition en psychologie, c’est d’utiliser un test cognitif qu’on appelle le test de Stroop. C’est un simple test visuel où il faut dire la couleur de quelque chose imprimé sur une feuille. Dénommer la couleur d’un carré colorié, ça va, c’est simple. Dénommer la couleur d’un mot, aussi. Par exemple si le mot « choupisson » est écrit en rouge sur un papier, de quelle couleur est le mot ? Bah en rouge.
Ça se complique en revanche quand ce mot écrit est en relation avec une couleur. Si on écrit le mot « vert » coloré en rouge. On va avoir un conflit cognitif entre deux réponses. Tout comme la marche, ou conduire une voiture, la lecture fait partie des processus de Type 1 automatiques (Agustinova et al., 2016 : https://doi.org/10.3917/anpsy.161.0045). Le mot « vert » est écrit en rouge. Premièrement, la réponse vert nous vient en tête car on lit automatiquement le mot « vert », c’est la réponse de Type 1. Mais la consigne est de dénommer la couleur de l’encre. Et le mot est écrit en rouge donc la réponse de Type 2 est rouge.

Inhibition
Dans le test de Stroop, on mesure le temps de réponse. Donc plus on met du temps à répondre, plus on met en évidence la présence d’un conflit cognitif, comme si les deux personnes dans notre petite tête s’engueulaient pour affirmer sa propre réponse. Le mot « vert » est écrit en rouge. On doit inhiber la réponse automatique « vert » pour donner la réponse rouge.
Cette inhibition, ça demande un effort mental que seul le Type 2 est capable de réaliser. Selon certains cognitivistes comme Olivier Houdé, cette capacité d’inhiber les automatismes est le principe premier de l’intelligence (e.g., 2000 : https://doi.org/10.1162/089892900562525) car on remet en question nos évidences pour s’adapter aux nouvelles règles, aux nouvelles consignes, à un nouvel environnement, bref… à de nouvelles données.
Erreur 1 : ce ne sont pas deux processus parallèles
L’erreur serait donc de penser que les deux types de processus se font de manière parallèle et indépendante. Comme si c’étaient deux fleuves indépendants de leur source à l’océan, telle la Seine et la Loire qui ne se croisent jamais. Non. Ils ne sont pas chacun de son côté. Il y a des interférences, des conflits et des engueulades.
Il faut plutôt voir les deux types de processus comme un sauvage ruisseau et sa dérivation par un canal. Le sauvage ruisseau est le Type 1, et le canal est le Type 2. Les deux cours d’eau ne sont pas parallèles et indépendants. Ils se rejoignent au moins au début et à la fin. C’est à partir du ruisseau que le canal est alimenté. Et c’est dans le ruisseau que le canal se jette à nouveau.
Arguments neuroscientifiques
Une bonne analogie ?
Et ça, cette analogie du ruisseau et du canal, je la trouve vraiment pas mal car elle recoupe à la fois la vision qu’on en a en psychologie cognitive – par exemple via le test de Stroop, le lecture est un ruisseau et suivre la consigne est le canal – à la fois une vision vulgarisée mais plutôt correcte de la théorie du double processus – Type 1 ruisseau et Type 2 canal – ;
Et à la fois la vision qu’on en a en neurosciences, avec deux grandes voies neuronales sur lesquelles on va maintenant en dire quelques mots. À chaque fois c’est pareil. Le ruisseau est rapide, automatique et s’impose de lui-même. Tandis que le canal fait un détour plus lent avec un courant plus calme et navigable sur lequel on peut prendre un temps d’attention et émettre des hypothétiques prédictions via notre mémoire de travail.
Deux voies neuronales
Une manière d’apporter des données expérimentales à une théorie cognitive, très souvent, ça se fait en passant des questionnaires ou des test de type test de Stroop qu’on a évoqué précédemment, mais également on corrélant des activités cérébrales mesurées par imageries cérébrales. On sait que le Type 1 automatique est notamment extrêmement lié au système nerveux autonome, à l’hypothalamus et au tronc cérébral. On pourrait y ajouter également quelques profondes zones cérébrales au milieu de notre cerveau. Mais ce qu’il faut retenir, c’est que les processus automatiques de Type 1 sont corrélés à des activations neuronales se trouvant au bas de notre boîte crânienne, profondément caché au milieu de notre cerveau.
À l’inverse, les processus de Type 2 engagent davantage le cortex cérébral, c’est-à-dire la couche externe du cerveau. Et plus précisément le cortex préfrontal, derrière notre front donc (droit Evans, 2003 : https://doi.org/10.1016/j.tics.2003.08.012). Une activité neuronale préfrontale est par exemple corrélée à l’inhibition lors d’un test de Stroop. Dit autrement, lorsqu’on vous demande la capitale de l’Australie et que la réponse Sydney vous vient en tête, son inhibition pour la faire taire et éviter de dire cette réponse, est corrélée à un activation cérébrale au niveau du cortex préfrontal.
Circuit de Papez
En clair, les processus de Type 1 automatiques se limiteraient aux zones cérébrales profondes, tandis que les processus de Type 2 demandant de l’attention feraient un long détour dans le vaste cortex cérébral. Le Type 1 est le ruisseau qui passe au centre-ville tandis que le Type 2 est le canal qui passe par la périphérie.
Dans certains modèles neuroscientifiques on parle de circuit court et de circuit long. C’est par exemple le cas pour le dit « Circuit de Papez » qui modélise les réseaux de structures cérébrales corrélées au contrôle des émotions. C’est le fameux système limbique, si l’expression vous dit quelque chose, lié aux émotions. Pour contrôler nos émotions on une boucle neuronale de Type 1 autour de l’hypothalamus qui est automatique, et une boucle neuronale qui par à la périphérie du cerveau autour du cortex préfrontal.

Erreur 2 : l’un n’est pas émotionnel et l’autre sans émotion
En parlant des émotions, il est courant de penser qu’un type de processus est chaud et émotionnel tandis qu’un autre type de processus est froid et rationnel. Certains auteurs affirment que le Type 1 serait rapide, automatique et donc intuitif et émotionnel tandis que le Type 2 serait cognitif et rationnel (Daw, 2018 : https://doi.org/10.1038/s41593-018-0258-2). En gros une séparation caricaturale entre émotion et raison.
Il est pourtant faux de penser cela. Les émotions peuvent être à la base à la fois d’une pensée automatique tout comme une pensée réfléchie et rationnelle (Blundel et al., 2023, chapitre 7 dans The Routledge Handbook of Philosophy and Implicit Cognition publié par Thompson). Si ça vous intéresse pour aller plus loin, on a les notions autour de « cognition incarnée » de Varela ou « marquage somatique » de Damasio.
Seulement 2 manières de penser ?
Triple Process Theory Cognition
Pour conclure, cette théorie du double processus – que nous soyons double dans nos têtes – bien qu’utile pour expliquer et modéliser, est bien évidemment très simpliste (Daw, 2018 : https://doi.org/10.1038/s41593-018-0258-2). Ce n’est que rarement soit l’un soit l’autre, mais plus un mixte des deux (Blundel et al., 2023, chapitre 7 dans The Routledge Handbook of Philosophy and Implicit Cognition publié par Thompson).
Pour tenter d’enrichir cette approche, il y a même des théories qui découlent de cette dernière. Par exemple, en séparant une nouvelle fois les processus de Type 2, en deux. On arrive alors a une dénommée théorie du triple processus cognitifs entre un Type 1 automatique, un Type 2 équivalent à la capacité cognitive, la mémoire de travail et un Type 3 équivalent à la métacognition c’est-à-dire à se plaire à la réflexion cognitive en se rendant consciemment compte du comment on pense (Blundel et al., 2023, chapitre 7 dans The Routledge Handbook of Philosophy and Implicit Cognition publié par Thompson).
L’idéal computationnel
Bref. Après avoir divisé la psychologie humaine en deux. Puis en trois. Petit à petit, l’idéal de la psychologie cognitive serait d’avoir un modèle, une théorie, qui puisse séparer de manière analytique tous ces processus cognitifs pour pouvoir comprendre la psychologie humaine. Seul problème. La psychologie humaine n’est pas égale à la somme mis bout à bout de tous ces processus aussi nombreux qu’on puisse les détailler. Tout ça, c’est plus compliqué. Et de l’ordre des sciences de la complexité. Ouais parce qu’on n’est pas que deux dans nos têtes. Mais certainement des milliers qui finalement par une sorte de magie qu’une seule personnalité que nous sommes arrive à émerger.

Laisser un commentaire