André Lejeune

André Lejeune est LA référence historique de Saint-Saëns. Son ouvrage, au trop modeste nom de Notes sur Saint-Saëns (1930), rassemble tout ce qu’il a amassé sur l’histoire de la commune. Plus que des notes, c’est une réelle mine d’or aux informations, interprétations et questionnements dont leur fiabilité ne me déçoive que très rarement.

Fait intéressant : il n’est pas historien par diplôme. Ni par métier. Il avait son entreprise de maçonnerie. Était-ce via l’architecture des bâtiments qu’il s’est intéressé à l’histoire ? Son travail d’historien est d’un travail étonnamment minutieux, avec des dessins reproduits de ses mains.

Famille Lejeune recensée en 1891 Rue Neuve ci-dessus,
puis rue d’Enfer en 1906 ci-dessous :

Famille d’entrepreneurs maçons

Albert André Lejeune né le 25 juin 1886, originaire de Saint-Saëns, est issu d’une famille d’entrepreneurs maçons arrivée depuis peu rue Neuve (l’actuelle rue Astride Briand). Son père Pierre Évariste Lejeune était entrepreneur maçon. Son frère Pierre Jules Lejeune était maçon et chaufournier. Et lui-même donc, était entrepreneur maçon. En 1926 par exemple, on retrouve Pierre et sa famille habitant à La Martinique, dont le fils Raymond (né en 1906) est… toujours… maçon. Quant à André, il habite rue Dillard avec Germaine Marie et ses enfants : Ernest Pierre, Oscar Auguste, Andrée Louise. Cette année-là, en 1926, André Lejeune emploie plusieurs saint-saënnais dont :

  • Henri Dumesnil (né en 1903, habitant route d’Yvetot, maçon pour A. Lejeune)
  • Geogres Olivier Bastide (né en 1877, habitant de la route de Rouen, maçon pour A. Lejeune)
  • Charles Dechamps (né en 1867, habitant du Vaudichon, charretier pour Lejeune A.)
  • Jules Alphonse Duvivier (né en 898, briquetier pour M. Lejeune André)
  • Alphonse Larose (né en 1920, habitant rue d’Haussez, maçon pour Lejeune André)
  • Nedd Bloquet (né en 1903, briquetier pour M. Lejeune A)
  • Marcel Louis Larose (né en 1898, habitant du Quesnay, ouvrier maçon pour Lejeune A.)

Enfin, Pascal Larose (né 1862) et Roger Larose (né en 1900), habitants du Quesnay, sont écrits comme maçons pour Lejeune. Reste à savoir lequel. Travaillent-ils pour André ou son frère Pierre ? Tous sont indiqués travaillés pour André, sûrement que eux aussi, puisque André n’est donc pas qu’un simple ouvrier maçon mais plus un patron comme son père. Patron ou entrepreneur comme ils l’écrivent dans les textes. Voilà donc un bel exemple du phénomène sociologique de reproduction sociale : même métier, même classe sociale.

Famille Lejeune recensée en 1926

André, acteur local

L’Écho de la vallée de Bray (30.06.1934)

Bien qu’ayant débuté en tant qu’ouvrier sous l’aile de son père, André Lejeune n’est toutefois pas issue de la classe ouvrière, et a eu durant sa vie un certain rayonnement. Il a été conseiller municipal, a participé à des séances entre historiens et archéologues seinomarins, et il a été nommé officier de l’Académie le 15 Février 1935 pour ses travaux civils d’historien, notamment en mettant en avant (en 1929) des erreurs de placements parmi les vitraux de l’église.


Part moins mise en avant de son histoire mais pourtant importante, il participa à la guerre de 14-18. Il en ressortira gravement blessé. Il est titulaire de la médaille militaire et de la croix de guerre. André est aussi une proche connaissance du général Hély d’Oissel qui lui fournira d’ailleurs pas mal d’informations intéressantes pour son ouvrage Notes sur Saint-Saëns.

Enfin, plus anecdotique, André étant un prénom répandu, Lejeune un patronyme également répandu, plusieurs André Lejeune a existé au début du XXème siècle. Des André Lejeune sont toulousain, parisien, rouennais (celui-ci détourne l’argent et tente de suicider), ou encore fécampois (celui-ci est secrétaire général du Cross de l’Étoile Cycliste Fécampoise)…

André cité dans

Sont mentionnés durant les obsèques : maire Paul Hartout, les adjoints MM. Legrad et Levismes, les présidents de l’association des anciens combattants Général Hély d’Oissel & le docteur Thomas, abbé Delaire et les familles Lejeune, Ménard, Bachelet, Lefebvre, Lecointre.

Chronologie

  • 1877 : parents mariés à Saint-Vaast-Dieppedalle près de Tôtes (Claude Fournier, Tome 3 p.57)
  • 1878 : naissance de son grand frère Pierre Lejeune
  • 25.06.1886 : né à St-Saëns de Pierre (Évariste) Lejeune et Esther (Scholastique) Dargent (parents âgés de 32 ans)
    • 1888 ou 1889 : naissance de sa petite sœur Marie LEJEUNE
    • 9.02.1914 : marié à Doudeville avec Germaine Marie Ménard
    • 1915 : naissance de Ernest Pierre
    • 1916 : naissance de Oscar Auguste
  • Guerre 14-18 : a été gravement blessé durant la guerre
  • 1920 : naissance de Andrée Louise
  • Autour des années 1930 : travail d’historien et appelé à restaurer des monuments
  • 15.02.1935 : nommé officier de l’Académie
  • 04.1936 : décès

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