Claude Fournier

L’apport historique

Correcteur au Réveil en « décembre 1952 à l’âge de 23 ans » (Pauline Defoix pour Le Réveil, 2023) et rapidement journaliste en tant que rédacteur en chef jusqu’en 1991 (Laurent Hellier pour Le Réveil, 2017), c’est une fois à la retraite que Claude Fournier matérialise son apport historique sur Saint-Saëns. Il en rédige d’abord 3 ouvrages, qui se terminera à 5 au total, publiés de 2005 à 2009. Malgré quelques erreurs frustrantes pour moi sur des petits détails (de date, d’un numéro d’un avion ou d’une légende de photo par exemple – certainement dû par un manque de relecteurs extérieurs) l’histoire survolée du territoire fait dans les 3 premiers tomes propose un très bel aperçu. Avec en plus un grand nombre de photos inédites !

Le cinquième et dernier tome est une tentative d’élargir le contexte du territoire, en s’étalant dans les environs du « Pays de Varenne-Eawy ». Mais parmi tous ses partages, le plus intéressant selon moi est son encart sur les vitraux de l’église (p.17 Tome 3) et tout le tome 4 intitulé « La Longue Nuit ». Un livre entier où on se plonge facilement dans le Saint-Saëns du temps de guerre, du temps de l’occupation, en pleine seconde guerre mondiale, mêlant témoignages, faits historiques et photographies. Un réel documentaire, avec de précieuses paroles de gens du tout venant et du quotidien, qu’on oublie (ou omet !) trop souvent.

Famille Fournier

Photo de Gaston Alphonse Fournier
partagée par Caroline Legros sur geneanet

Claude Fournier (1930-2017), décédé le 13 septembre, est né le 15 novembre « d’un père normand et d’une mère basque » (Le Réveil, 2017) : Marcel Henri Fournier peintre (1907-1974) et Élise Lanquerot (née en 1907) originaire d’Arbouet-Sussaute. Ses parents se sont mariés le 17 novembre 1928 à Saint-Saëns. Dans le recensement partagé ci-dessous de 1936, est inscrit aussi un de ses 5 frères, Yves Fournier né en 1933. Ils habitaient au Catelier. En 1936, on compte 4 autres ménages au nom de Fournier.

Son grand-père paternel est Gaston Alphonse (1878-1965), journalier saint-saënnais qui deviendra garde-chasse. Son arrière-grand-père Auguste Henri (1849-19??) était ouvrier tanneur. C’est lui qui arrivera sur Saint-Saëns à la toute fin du XIXème. Socialement, Claude Fournier est donc issu d’une famille ouvrière.


Pour en savoir plus il y a le site de son frère Christian Fournier :
http://orguestsaens76.free.fr/clf1.html

Son site fait un peu site d’archiviste également ! À ce lien, il retranscrit toute la cérémonie, la célébration de messe des cantiques aux hommages en la mémoire de son frère Claude Fournier. Mais son site est plus que ça, tourné sur l’église, la religion, l’orgue, l’histoire de Saint-Saëns (dont ses vidéos). Et on peut aussi y retrouver quelques photos de Claude Fournier.


Vidéo France 3 de 2014 où on retrouve Claude Fournier qui guide la journaliste

Vie locale

Humilité, faire groupe et solidarité sont certainement les valeurs qui ressortent le plus du personnage. Quitte à s’effacer entièrement pour donner la lumière à l’autre. Voilà peut-être pourquoi le journalisme lui convenait si bien. Donner la parole à l’autre, jusqu’à en écrire la « mémoire de certains pèlerins à Lourdes » au sein de la Cité Saint-Pierre, là où il était bénévole pendant 15 ans (Le Réveil, 2017). Et s’effacer quitte à donner le mérite entier des associations saint-saënaises fondées à sa compagne Marie-Jeanne. C’est elle seule qui recevra la légion d’honneur en 1999. (Plutôt cocasse d’ailleurs, que l’État honore la fondation d’association devenue vitale à cause – justement – d’un manque d’État social pour subvenir aux besoins des françaises et français…)

Il y a bien une association où Claude a cherché à un peu plus imposer sa parole. Pourquoi ? Pour faire revenir les reliques de Saen à la paroisse ! Il a été président de l‘association du XIIIe centenaire (Le Réveil, 2023) qui « avait pour but le retour des reliques de Saint-Saëns à l’église » (Le Réveil, 2017). Et, en effet, une partie des reliques de Saen est revenue en 1975 sur Saint-Saëns : celle qui était encore à Fécamp ! En revanche, pour le reliquaire en forme de bras, il est toujours au Musée des Antiquités de Rouen.

Claude Fournier était donc actif dans la vie locale. En sein de la paroisse et ses activités religieuses, certes, mais surtout en mettant en pratique ses valeurs. En plus des ouvrages historiques et le partage des connaissances ici et là, il a fondé plusieurs associations et a été conseiller municipal pendant 12 ans (écrit Alain Le Vern en 2005 dans la préface du premier tome) de 1959 à 1971. Mais tout ça, il ne le faisait jamais sans sa compagne Marie-Jeanne. D’ailleurs, après avoir quitté la conseil municipal, c’est Marie-Jeanne Fournier qui le rejoindra ensuite.

1955 – Mariage de Claude et Marie-Jeanne. Une photo déjà partagée dans Le Réveil

Claude et Marie-Jeanne Fournier

Bien qu’ils se soient croisés depuis tout jeune (la maternelle raconte-t-il pour Le Réveil), Claude rencontre Marie-Jeanne une fois son service militaire terminé en 1952 en rejoignant la chorale de la paroisse. La musique et les chants religieux semblaient le passionné aussi. Ils se marieront le 1er juin 1955 et participeront activement ensemble à la vie locale saint-saënnaise. Ils ont fondé plusieurs associations : le Foyer des jeunes (le groupe de jeunesse agricole chrétienne féminine par Maire-Jeanne) puis plus tard l’ADAR association de l’aide à la personne (originellement sous un autre nom, cf. les Associations) et le Club du cercle de l’amitié avec leurs amis Monique Grège, Jean Lambert, Janine Sallé et Pierre Brégeault.

Marie-Jeanne aura présidé pendant plus de 40 ans cette dernière association. Et c’est à travers ces associations qu’ils voyageront mais surtout organiseront des voyages dans des pays étrangers pour des personnes qui auraient certainement jamais eu la possibilité de voyager. Créer des liens sociaux. La solidarité. Des valeurs concrétisées. Pour juste prendre un exemple, après 1949 lorsque Marie-Jeanne fonde un groupe de jeunesse agricole chrétienne féminine à 18 ans, elle participera à envoyer des messages en Algérie aux jeunes déployés là-bas. Avec Claude Fournier, ils rédigeront « (avec le prêtre de Saint-Martin-Osmonville) un journal destiné aux soldats partis en Algérie. » (Le Réveil, 2017).

Marie-Jeanne est née à Saint-Saëns en 1931 de Marthe Angèle et Éléonore Sénéchal charretier, habitant chemin aux Galets. Je ne sais pas si Claude et sa famille sont restés pendant l’occupation nazie, mais Marie-Jeanne et sa famille, eux, se sont exilés dans le sud-ouest de la France. À son retour, alors qu’adolescente, elle travaille en tant qu’employée de bureau à la scierie Hartout et restera dans ce même domaine professionnel (secrétariat) pendant toute sa vie dans une office notariale (Emin puis Desbruère, écrit-on). Marie-Jeanne avait les mêmes valeurs que Claude. Créer des liens sociaux. Solidarité. Et chrétienté. Elle donnera d’ailleurs en 2022, 28 000 € pour rénover les 3 cloches de l’église. « Ce geste correspond à l’engagement d’une vie », confirme Christian Fournier (Le Réveil, 2022).

Rapide chronologie sur les biographies de Claude et Marie-Jeanne

  • 1930 : naissance Claude Fournier le 15 novembre
  • 1961 : naissance de Marie-Jeanne Sénéchal
  • 1940 : Marie-Jeanne et sa famille s’exile dans le sud-ouest
  • 1945 : Marie-Jeanne apprend la mort de son frère Pierre déporté
  • adolescence : Marie-Jeanne employée de bureau à la scierie Hartout
  • 1949 : Foyer des jeunes fondé dont un groupe de jeunesse agricole chrétienne féminine
  • 1952 : Claude rejoint Le Réveil et la chorale de l’église
  • 1955 : Marie-Jeanne et Claude se marie le 1er juin
  • 1970 : Claude et Marie-Jeanne organisent les premières réunions des aînés
  • 1959 : Claude rejoint le conseil municipal
  • 1971 : Marie-Jeanne rejoint le conseil municipal et Claude le quitte
  • 1973 : création de l’association ADAR avec Claude Fournier
  • 1974 : Marie-Jeanne fonde le Cercle d’Amitié
  • mars 1993 : Marie-Jeanne nommée chevalier de l’ordre national du mérite
  • décembre 1999 : Marie-Jeanne reçoit la légion d’honneur (à défaut de Claude Fournier)
  • 2005-2009 : publication des ouvrages sur Saint-Saëns
  • 2017 : décès de Claude le 13 septembre
  • 2022 : donation pour la rénovation des 3 cloches de l’église
  • 2025 : décès de Marie-Jeanne le 28 novembre (Bulletin d’informations municipal n°61, janvier 2026)

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