
L’accès à l’eau potable sur Saint-Saëns résulte d’un mélange historique entre contraintes géographiques, contraintes techniques, générosité post-mortem, embrouilles politiques et égoïsme de propriétaires et héritiers. 70 ans de projets et d’abandon de projets. Aujourd’hui l’accès à l’eau potable est distribuée par 3 différentes collectivités respectivement pour 3 grandes régions de la commune : le plateau ouest sur les hauteurs au-delà du Quesnay, le bourg dans la vallée, et une partie nord-est sur les hauteurs comprenant au moins le Camp Souverain.
Pour un aperçu global du réseau il existe 2 cartes annexes au Plan Local d’Urbanisme

Origines aux milles milliards de Dillard
Les puits

Je trouve peu d’info concernant les puits saint-saënnais. Ils iraient de 6 à 80 mètres de profondeur, en fonction de si on est dans la vallée on sur les hauteurs (mais aussi quelle nappe d’eau on veut chercher…). C’est ce qu’évoque un rapport écrit à la main sur l’eau potable du 26 Juin 1941, sous occupation allemande donc ; mais avec le nombre de questions que son auteur écrit, il ne semblait clairement pas comprendre grand chose du coin. Aujourd’hui, le puits de la verrerie de Maucomble atteint 86,4 mètres de profondeur, pour une grosse nappe d’eau de 80 m de profondeur. Un autre puits sur Bellencombre, dans la vallée, est profond de 15,3 m pour une plus nappe d’eau de 4 m de profondeur.
Cette moins profonde nappe d’eau, captée au fond de la vallée, semble être la même captée à Saint-Martin-Osmonville. Le puits de La Boissière de Saint-Martin-Osmonville, dans la vallée également donc, est profond de 12 m. Ce puits installé dans les années 1950 dessert les lieux d’eau potable (dès 1957 a priori mais à reconfirmer) et a desservi, avant même que le bourg de Saint-Saëns le soit, le plateau ouest de Saint-Saëns en eau potable, sous le Syndicat des eaux de Saint-Martin-Osmonville.
Premier aqueduc connu
Il a pu exister de courts réseaux de distribution d’eau au temps gaulois ou romain dans le coin. Mais on en a aucune trace. On sait toutefois que les fermes et villas gallo-romaines étaient construites avec un ingénieux réseaux de fossés pour drainer l’eau de pluie : cf. Époque gallo-romaine.
Construit au XIXème siècle, le premier aqueduc connu traverse la ville pour alimenter « l’étang du château ». Ce château dont on parle serait le logis d’Almazan. Alain Barra explique que ce sont « les étangs du château situées route de Bellencombre » et que cet aqueduc fut détruit par les allemands en 1944 (Bachet, 14 Janvier 2025 pour Le Réveil). En tout cas, il l’a été partiellement puisqu’il a ensuite servie à nettoyer les rues principales et alimenter la citerne d’incendie de la place d’église jusque dans les années 1960. Quant à la fontaine Dillard, elle est alimentée par une autre canalisation en fonte réalisée lors de sa construction. Confirmé par les rapport des années 1960 (ficheinfoterre) séparant bien deux conduits : l’aqueduc en maçonnerie et la canalisation de la fontaine en fonte. Sauf si ça a changé depuis les années 1960 ?
Fontaine Dillard
Le fontaine Dillard est en effet le premier ouvrage pour tenter d’apporter l’eau potable à la population. Réalisée autour de l’année 1900 (par qui ? Girard ?) sur des plans de Lucien Lefort, elle a été financée post-mortem par Louis-François Dillard lui-même. Son testament indiquait donner 20 000 francs à la ville pour une fontaine monumentale et ses canalisations. Elle coûtera réellement 26 500 francs. Le but étant d’éviter les épidémies ou l’eau polluée par les tanneries.
En vérité, c’est un projet qui date de 14 ans plus tôt encore. Louis-François Dillard était maire de 1870 à 1886. Il aurait déjà eu en projet d’alimenter une fontaine d’eau potable. La construction aurait dû être lancée en 1887. Or, il y a eu des embrouilles et procès autour de propriétaires et d’héritiers. À cette époque, le maire était François de Guignard vicomte de Saint-Priest et duc d’Almazan de 1886 à 1890 (sacré nom de noble !). Le dit procès des héritiers était une expression utilisée par les conseillers de la mairie de l’époque. Une question d’héritages, possessions et propriétés… tout ça encore…
Deuxième tentative
La deuxième tentative pour distribuer l’eau portable se fait en 1893 sous l’impulsion du maire Fache-Havé. C’est Claude Fournier qui nous en parle (Fournier, Tome 3 p.73), en reprenant les échanges de lettres entre la mairie de Saint-Saëns et un ingénieur civil d’Oise : L. Rival. Des échanges très unilatéraux, entre une mairie silencieuse et un ingénieur prêt à agir. En fait, la mairie (et ses moyens financiers) était obnubilée par la construction de la nouvelle église…
Pourtant les bases du captage d’eau sont déjà là ! C’est de lui, l’ingénieur Rival, que l’idée vient de choisir la source du Bois de l’Abbaye à pomper pour l’eau potable. Il la juge d’excellente qualité et même meilleure comparée à ce qu’il a vu dans la région (peu trouble ou calcaire). Le projet était pour la fontaine au centre-ville mais il pouvait s’étendre à différentes rues pour 7 autres petites fontaines communales. Au décès du maire Fache-Havé (le 20.01.1896), le maire suivant Adalbert Forestier laisse en plan l’ingénieur civil, en ignorant également ses demandes d’honoraires impayés…
Chronologie
- XIXème : aqueduc maçonné qui traverse la ville jusqu’à l’étang du domaine d’Almazan
- 1871-1886 : maire Louis-François Dillard et son projet d’eau potable
- 1886-1887 : projet abouti pour construire la fontaine du centre-ville
- … mais ça traîne … à cause du dit « procès des héritiers » …
- 1890-1896 : maire Éléonor Fache-Havé
- 31.06.1893 : rapport de l’ingénieur civil L. Rival pour établir un réseau d’eau potable
- 16.12.1893 : après plusieurs relances, la mairie répond finalement un « on décale ça à plus tard ? »
- 20.01.1987 : monsieur le maire Fache-Havé décède
- 20.06.1987 : dernière lettre reçue de l’ingénieur Rival resté impayé (et sans réponse)
- ~ 1900 : fontaine Dillard alimentée et sa (mauvaise) canalisation en fonte
- Eau non-potable. Parmi un rapport de 1957 (ficheinfoterre), est affirmé que « les analyses effectuées en 1946, 1950, 1953, 1956, 1957 ont toutes révélées la présences de colibacilles dans cette eau. » C’est-à-dire l’indice de présence d’excréments.
- 1944 : destruction d’une bonne partie nord de l’aqueduc (à confirmer)
Captage saint-saënnais
Aujourd’hui
L’unique captage d’eau potable saint-saënnais se fait au niveau de l’abbaye (parcelle 0159). Le lieu est appelé Source du Bois de l’Abbaye (BSS000FKST anciennement 00773X0016). À 107 mètres d’altitude. L’eau est ensuite acheminée en hauteur à 167 mètres d’altitude, vers 2 réservoirs semi-enterrés de 200 m³ chacun au niveau du bois de l’Hospice (lieu-dit étrangement appelé Bord des Bois).
- Débit maximal par jour : 560 m³/j
- Débit maximal par heure : 28 m³/h

Troisième tentative : le projet d’origine
À la base la source était une mare de 30×10 mètres due à plusieurs venues d’eaux souterraines. Le but de l’installation a alors été, si je comprends bien, d’emmurer les sources d’eau sur 2 mètres de profondeur sous le fond de l’eau, qu’on a recouvert d’une dalle de 7×4,5 mètres pour y mettre les 2 pompes (centrifugeuses à pistons) dessus débitant à 14 m³/h chacune. L’intérieur du bloc d’eau duquel on pompe a été imperméabilisé et le sol recouvert de gravier. Le tout a coûté 5 776 098 francs. Le bâtiment (brique et béton armé) comprend les 2 pompes et normalement 1 de secours, puis un moyen pour stériliser l’eau. (Lequel ? Au chlore selon Veolia.) Dans les premiers documents, il est évoqué que les pompes devront se mettre en marche durant les heures creuses, et qu’il y ait un système automatique en fonction du réservoir.
Pour montrer à quel point ils étaient prévoyants dès l’installation du projet et des premières canalisations, ont été pris en compte : 1) cinq « poteaux d’incendie » à monter sur les futures canalisations « pour la moitié est du bourg » dont le Catelier ou la Rue d’Haussez ; 2) le diamètre des canalisations plus larges pour les futures extensions au-delà du bourg ; 3) et des réservoirs plus grands pour la population, mais ça c’est normé, même si à la base du projet la capacité de réservoir a été calculée pour être de 500 m³, c’est-à-dire 1,5 fois supérieur à la consommation journalière moyenne ; 4) sur le projet d’origine, plusieurs réservoirs ici et là devaient être disposés.

L’arrêt du projet en 1937
Alors qu’un dossier complet a été proposé à la mairie de Saint-Saëns dès 1937, il n’y a eu aucune réponse de leur part (encore une fois !), mettant alors le projet en pause. Ma question est : POURQUOI ? On parle quand même de l’eau potable accessible pour tous, c’est quand même une sacrée nécessité. En fait, c’était parce que les terrains autour de la source étaient privées et que la commune devait les racheter.
Ces terrains étaient propriétés de la scierie Hartout détenue par Paul Hartout. Scierie qui occupait donc les terres de l’ancienne abbaye, dont la source en question. Or… À l’époque, le maire était un certain… Paul Hartout. Est-ce que le, à la fois maire, patron de la scierie et propriétaire des terres autour de la source d’eau potable à mis en avant d’abord ses intérêts personnels avant les intérêts communs ? Beaucoup de choses me porte à croire que oui, de ce que je trouve sur ce personnage. Quand le projet d’eau potable reprend de l’intérêt 20 ans plus tard (en 1956), la commune rachète deux terres détenues par Hartout au prix de 1 273 547 Francs. Et de là, enfin, le projet se concrétise…
Quatrième tentative : la bonne

De 1952 à 1962 le projet se réalise. 1952, la pompe est installée. 1962, le réseau du bourg est terminé. Il a donc fallu 70 ans d’histoire pour que Saint-Saëns parvienne à son premier réseau d’eau potable. Et le seul. Les installations du bourg sont d’origine : des canalisations en acier inoxydable et les 2 pompes qui ont été changées que récemment en 2023. Elles étaient tombées à « 60 % de leur efficacité » (Bulletin municipal 04.2022, 05.2023).
Le reste des canalisations plus récentes sont en PVC ou PE100 (polyéthylène) voire PEHD dans la Sente du Quesnay. À de nombreux embranchements, souvent à des carrefours de rues, des vannes sont installées. Les canalisations étant préférentiellement situées sous un trottoir. Quant aux autres zones de Saint-Saëns alimentées plus tard, des surpresseurs sont utilisés. C’est le cas au Camp Tillou pour alimenter le Camp Tillou, les Lihuts ainsi que la Résidence le Catelier et celle du Teurtre. C’est aussi le cas à la Résidence Bellevue pour l’alimenter elle et plus loin La Haye.

Chronologie
- 19.06.1934 : demande d’étude pour « adduction de l’eau »
- 15.12.1936 : projet autorisé avec très court rapport géologique
- 08.02.1937 : dossier proposé au maire de Saint-Saëns Paul Hartout
- … Mais la mairie ne se bouge pas …
- … La période qui suit sous occupation allemande n’aide pas …
- 16.03.1952 : pompe installée puis premiers tests de débits et analyse de l’eau
- 18.10.1956 : nouvelles analyses
- 22.11.1956 : sous Ernest Leroy, la mairie de Saint-Saëns se bouge. 2 parcelles comprenant la source propriétés de Hartout (et quelqu’un d’autre ?) sont achetées par la communes au prix de 1 273 547 Francs. Le projet se concrétise enfin
- 13.03.1959 : Le Maire de Saint-Saëns reçoit le rapport positif de l’ingénieur P. Lecomte avec quelques détails sur les remblais, demandant par la même occasion un devis à l’entrepreneur saint-saënnais M. Martin.
- 1962 (voire courant 1961) : fins des travaux ! L’eau potable est distribuée !
- Objectif 1967 : Pont du Thil, les Lihuts, La Haye et Camp Souverain également raccordés. Finalement jamais le Camp Souverain sera raccordé au réseau saint-saënnais
- courant 2022 : renouvellement des infrastructures
- pompage et armoire électrique, échelles et sécurités du château d’eau, pour un coût de 9 712 €
- début 2023 : bâtiment de la station pompage complètement « viabilisé »
- Février 2025 ? : échelles des réservoirs du Bois de l’Hospice (Bulletin Municipal n°53)
Source des infos : ficheinfoterre. Y sont référencés plusieurs rapports et contrôles de l’eau passés dont, par exemple, comment a été calculé le prix de l’eau en fonction de la demande en électricité pour faire fonctionner les pompes. Les travaux pour avoir l’eau courante dans le bourg, dont les travaux du captage, ont été estimés au total de chez total à 52 310 000 Francs. Et seulement pour le bourg donc.
Enfin, parmi les rapports, sur un de 1967-68 il est écrit qu’il « existe un autre groupe de sources à 6 m alimentant la fontaine ». Autrement dit, ce n’est pas exactement le même endroit premièrement choisi pour l’eau potable lors de l’aménagement de la fontaine Dillard. Et dès l’installation du captage, il a été clairement choisi de séparer la fontaine du réseau. Pour terminer sur ce même rapport de 1967-68, on a même le droit à un petit schéma (ci-contre) de la part des technicien·nes : madame ou monsieur Viala puis Faure.
Contrôle Sanitaire
La station de pompage est parfois appelée « forage »… Or, à ma connaissance, l’eau pompée ne vient pas du sous-sol mais est pompée en surface ? C’est un pompage en surface, pas un forage. Que ce soit le cas, d’ailleurs, ça augmente les risques de turbidité (eau trouble avec de la boue et pleins de particules en suspension) et autre pollution par ruissellement. Toute la zone d’écoulement sur les hauteurs de la source (le Bois de l’Abbaye) est NORMALEMENT protégée, pour limiter les pollutions.
Et si malgré tout il y a pollution, le réseau d’eau est aussi relié à un autre : celui du château d’eau du Quesnay irrigué par l’eau de la Boissière (Saint-Martin-Osmonville). Les réseaux d’eau sont connectés au bas de la sente de Quesnay par un stabilisateur de pression motorisé spécifique (qui a coûté environ 15 000 €). Parce que 1) la pression de l’eau dans les canalisations des deux réseaux est différente et 2) l’eau du plateau vient de bien plus haut.

Quelques éléments mesurés le 07 Novembre 2024 par Véolia
(MAJ sur santé.gouv.fr à cliquer sur la carte)
| Paramètre | Valeur | Limite de qualité | Référence de qualité |
|---|---|---|---|
| Entérocoques /100ml-MS | <1 n/(100mL) | ≤ 0 n/(100mL) | |
| Bact. et spores sulfito-rédu./100ml | <1 n/(100mL) | ≤ 0 n/(100mL) | |
| Bactéries coliformes /100ml-MS | <1 n/(100mL) | ≤ 0 n/(100mL) | |
| Température de l’eau * | 14,4 °C | ≤ 25 °C | |
| Turbidité néphélométrique NFU * | <0,1 NFU | ≤ 2 NFU | |
| Chlore total * | 0,23 mg(Cl2)/L | ||
| pH * | 7,3 unité pH | ≥ 6,5 et ≤ 9 unité pH | |
| Conductivité à 25°C * | 619 µS/cm | ≥ 200 et ≤ 1100 µS/cm | |
| Ammonium (en NH4) | <0,020 mg/L | ≤ 0,1 mg/L | |
| Nitrates (en NO3) | 25,1 mg/L | ≤ 50 mg/L |
Qualité de l’eau
Aujourd’hui, la qualité de l’eau qui sort des robinets est bonne selon le seuils exigés. Selon les seuils, c’est-à-dire en dessous d’une certaine quantité – de tel ou tel élément chimique – à partir duquel on juge que c’est dangereux pour la santé. On peut prendre l’exemple des nitrates, grands groupes d’engrais utilisés en agriculture. On juge que le seuil critique est de 50 mg/L (directive européenne de 1998). En Novembre 2024 on en mesure 25,1 mg/L. Étant en dessous du seuil, on dit par principe que tout est ok. Nitrates et sulfates, résumant les engrais et additifs, semblent légèrement à la hausse au fur et à mesure des années, comme on peut voir sur les courbes qui suit.
Parmi toutes les mesures réalisées, certains éléments sont peu mesurés (voire pas du tout), comme le cuivre dont la dernière mesure remonte à 2003, alors que l’élément est de plus en plus utilisé. Contrairement aux engrais, globalement, les traces de pesticides ne font que baisser année par année. Par exemple, des traces de l’atrazine, herbicide fortement utilisé par le passé, restent encore dans l’eau bien qu’elles soient en baisse d’année en année. Le glyphosate également, pourtant encore utilisé.

L’Eau des Plateaux
Le Plateau Ouest
La station de pompage de la source du Bois de l’Abbaye irrigue donc presque tout Saint-Saëns SAUF une grande zone : le plateau ouest, du Quesnay jusqu’au Pucheuil ou Mesnil-Bénard. Toute cette zone est alimentée par un château d’eau de 20 mètres de haut situé au Quesnay. Les 2 réservoirs de 75 m³ sont élevés à 187 mètres d’altitude et alimentés par les eaux potables du SIAEPA Les 3 Sources Cailly-Varenne-Béthune (3sourcescvb.fr) et plus particulièrement du puits de la Boissière à Saint-Martin-Osmonville. C’est cette eau qui irrigue tout Saint-Saëns lorsque l’eau de la station du pompage du bourg devient trouble et vaseuse. La commune estime que 30 % de l’eau saint-saënnaise provient des 3 Sources (Bulletin d’information municipal n°57, septembre 2025).

C’est quoi un SIEPA ?
Un SIAEPA est un « Syndicat Intercommunal d’Adduction en Eau Potable et d’Assainissement ». C’est un organisme à but non lucratif qui réunit plusieurs communes. Celui des 3 Sources Cailly-Varenne-Béthune réunit 33 communes dont Saint-Saëns. Il a pour but de financer la distribution de l’eau potable et son assainissement. Les échanges se font avec les entreprises spécialisées que sont Saur et Veolia. Ce SIEPA en question concerne 19 000 personnes dans la région (4 abonnés, sur Saint-Saëns).
Plus concrètement, les 33 communes se rassemblent pour savoir quoi financer ou réhabiliter voire aussi négocier le prix de l’eau. Par exemple, aujourd’hui (2024-2025), le délégué titulaire représentant Saint-Saëns est Pascal Tacconi. Et fin Septembre 2024, a été décidé que dès 2025 le prix de l’eau des saint-saënnais bénéficiaires sera « revalorisé » à 0,60 € HT le m³.
Le Plateau Est
La commune est aussi en lien avec une deuxième collectivité : le SIAEPA La Région des Grandes-Ventes. Il irrigue les communes autour des Grandes-Ventes dont les Ventes-Saint-Rémy et donc Saint-Saëns avec 3 abonnés raccordés (ou 24 personnes desservies services.eaufrance.fr). L’eau provient de la station de pompage de Fresles. Cela concerne principalement le Camp Souverain, y compris l’assainissement non-collectif pour les foyers présents.
Chronologie
- fin des années 1950 : Bailly et fief Toubert déjà desservis en eau potable par la source de La Boissière du Syndicat de Saint-Martin-Osmonville et château d’eau déjà présent.
- Courant 2022-2023
- la connexion des 2 réseaux d’eau se fait par une vanne motorisée contrôlée à distance
- château d’eau : les échelles et garde-corps de sécurité changés parce que bien rouillés depuis le temps et ajout d’une plateforme tout en haut pour faciliter le lavage annuel (Bulletin d’information municipal de Mai 2023)
Assainissement et Traitement de l’eau
Traitement de l’eau
P’tite vidéo sympa sur le sujet sur des traitements des eaux plus sophistiqués.
Attention, elle reste financée par Véolia.
Assainissement des eaux usées
Les 3 collectivités que sont la commune et les deux SIAEPA (Les 3 Sources Cailly-Varenne-Béthune + La Région des Grandes-Ventes) s’occupent de l’assainissement non-collectif sur Saint-Saëns, majoritairement via Veolia. Concernant l’assainissement collectif (le rejet de l’eau au niveau collectif), on peut faire 2 catégories : les eaux usées et les eaux de pluies, qui sont normalement rejetées séparément pour chaque bâtiment. Les eaux de pluies étant rejetées directement dans la nature. Et les eaux usées étant acheminées aux stations d’épuration.
- SIAEPA Les 3 Sources Cailly-Varenne-Béthune assainissement non-collectif sur le Plateau Ouest : 2 abonnés
- SIAEPA La Région des Grandes-Ventes assainissement non-collectif sur le Camp Souverain
- En 2015 : 908 branchements eaux usées raccordés à la station d’épuration, soit une charge de 2452 équivalents habitants en assainissement collectif ou 379 m³/jour ; 240 logements en assainissement non collectif (dans les hameaux)
Sur le bourg, le tout-à-l’égout a été officiellement mis en place en 1970. Mais depuis longtemps il a existé des systèmes de drainage de l’eau ici et là, par parcimonie, voire des systèmes d’égouts locaux en fonction des propriétaires des lieux. L’eau, traitée ou non, est rejetée dans les rivières et vallées.

(photos tirées des ouvrages de Claude Fournier)
Station d’épuration de Saint-Saëns
La station d’épuration de la ville de Saint-Saëns (assainissement.developpement-durable.gouv.fr) mise en place dès l’année 1991, située dans la zone d’activité des Aulnaies, a été restructurée en 2011-2012 afin de respecter la directive européenne sur les eaux résiduaires urbaines et de protéger la vie aquatique de la Varenne. Actuellement, la commune mènerait « un projet de délestage des eaux parasites », écrit-on dans le Plan Local d’Urbanisme. L’année 2023 semble exceptionnelle et hors des normes habituelles, avec avec une forte charge entrante (proche des 580 m³/jour) et production de boues (30 Tonnes de Matières Sèches (TMS)).
- Mise en service le 31.12.1990
- Charge maximale en entrée : 3 000 EH soit 580 m³/jour
- Débit moyen arrivant à la station : 364 m³/j
- Production moyenne de boues : 18 TMS/an
Les boues d’épuration sont des déchets solides sortant des stations d’épuration constitués de déchets organiques et minéraux. Sur Saint-Saëns, ces boues sont entièrement réutilisées en agriculture, comme engrais, par épandage. (Ce qui peut poser question car ces boues contiennent aussi des métaux, antibiotiques et microplastiques.)

Économie de l’eau
Prélèvements de l’eau
| Utilisations | Volume total (m³) | Proportion (%) | Origine de l’eau |
| Saint-Saëns – Eau Potable | 97 631 | 95.1 | Souterraine |
| Association Sportive du Golf – Activités économiques / industrielles | 4 755 | 4.6 | De surface |
| Le Jardin des Saint’K Saëns – Irrigation | 300 | 0.3 | Souterraine |
Pour rappel, les deux réservoirs du Bois de l’Hospice sont de 200 m³ chacun. Autrement dit, si 97 631 m³ d’eau sont utilisés durant l’année 2022, cela fait 488 réservoirs à remplir durant l’année ou encore 267,5 m³ d’eau prélevés par jour. Si on remet ça par habitant (si, disons, le bourg dans la vallée accueille 2000 habitants) cela revient à une consommation d’eau de 0,134 m³ ou 134 litres d’eau par jour par habitant. Ce qui colle pas mal. En France, un habitant consomme en moyenne 148 litres d’eau par jour (notre-environnement.gouv.fr ; Rapport annuel 2022 de l’Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement).

Volumes des prélèvements d’eau potable en m³ par année par Saint-Saëns référencés sur bnpe.eaufrance.fr. Au niveau du bourg, sur Saint-Saëns donc, principalement la station de pompage communale au niveau de l’Abbaye. J’imagine que lorsque le volume de prélèvement de l’eau est presque minime, c’est parce que la plupart de l’année l’eau provient d’ailleurs, comme l’eau du Syndicat de l’eau des 3 Sources ?
Politique de l’eau
Besoin d’être rentable ?

Ci-dessus, un extrait de la réponse du ministère de l’agriculture en 1936, par rapport à l’installation du réseau d’eau potable. « Un réseau doit être normalement rentable et ne doit pas grever le budget communal, » est-il écrit. À croire que même en 1936 sous le gouvernement de gauche de Léon Blum, le capitalisme et la recherche de rentabilité – quitte à faire payer les gens pour leurs premières nécessités – étaient déjà bien installés…
Semi public privé
Je suis en train de me renseigner et d’apprendre là-dessus, c’est un sacré bordel, déjà un début :
- Échelle européenne : directive-cadre sur l’eau (DCE)
- Échelle du bassin Seine-Normandie : schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) : https://seine-normandie.eaufrance.fr
- Comité de bassin : https://www.eau-seine-normandie.fr/le-comite-de-bassin/presentation
- Agence de l’eau : https://www.eau-seine-normandie.fr
- redevances perçues par les particuliers redistribuées pour aider les collectivités locales
- Échelle locale : schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (SAGE) et contrats territoriaux
- Commission locale de l’eau
Aujourd’hui, la gestion de l’eau du bourg est gérée « en régie par la commune de Saint-Saëns, avec une délégation de service public (Veolia) » (Plan Local d’Urbanisme). En tout cas pour l’eau potable du bourg dans la vallée. Car pour les syndicats des plateaux, il y a aussi l’entreprise Saur qui entre en jeu.
Prix de l’eau
Le prix de l’eau est variable mais a toujours une base fixe (abonnement) pour théoriquement « rentabiliser » le service. « En moyenne, en 2022, la part fixe représente 17% de la facture d’eau potable et 8% de la facture d’assainissement collectif (Rapport annuel 2022 de l’Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement). » De manière générale en France, le prix de l’eau augmente de 1,6 % par an, et les entreprises se font parfois de sacrées marges (Cash Investigation, 2018).
« Le prix total du service de l’eau se répartit à parts proches entre les charges des services d’eau potable et les charges des services d’assainissement (41 % pour l’assainissement collectif, 38 % pour l’eau potable). Les 21 % restants sont constitués d’une taxe (TVA) et de redevances versées aux agences ou offices de l’eau, et aux Voies Navigables de France (VNF) ou autres le cas échéant. (Obs-eau) » Sur Saint-Saëns au total, en 2023, le prix du m³ d’eau était de 5,43 € Toutes Taxes Comprises (assainissement + eau potable). Ci-dessous on a ce que partage Veolia sur son site internet pour justifier son prix en 2023 :
Le prix de l’eau potable à Saint-Saëns a depuis 2010 toujours été autour de 2,6 €TTC le m³. C’est très légèrement au-dessus de la moyenne seinomarine mais moins cher que les communes environnantes. Même chose pour l’assainissement. En bref, les prix sont les moins chers sur Saint-Saëns en 2024 par rapport aux communes environnantes. Ci-dessous, un résumé des prix moyens de l’eau au m³ TTC (toutes taxes comprises donc) en 2024 :
| Eau potable | Assainissement collectif | |
| France | 2,31 | 2,21 |
| Normandie | 2,5 | 2,63 |
| Seine-Maritime | 2,37 | 2,56 |
| Saint-Saëns | 2,58 | 2,67 |
| Saint-Martin-Osmonville | 2,54 | 4,23 |
| Ventes-Saint-Rémy | 2,77 | 5,75 |





