Le Lihut

Ferme des Lihuts au fond, vue du Bois de l’Hospice

Grande zone du nord de Saint-Saëns s’étendant au-delà de la limite de la commune dans la forêt d’Eawy, Le Lihut est lieu-dit qui regroupe une partie forestière (Le Lihut), une partie cultivée (plaine du Lihut), une partie habitée (hameau du Lihut) comprenant quelques habitations et une ferme avec ses prairies associées (Les Lihuts). Le lieu-dit est principalement connu par son importante verrerie qui est devenue ferme et habitations aujourd’hui.

Figure 1 (au sud on rejoint le centre ville de Saint-Saëns)

TOPONYMIE

Si vous aviez un doute que des vikings se soient bien installés dans le coin pour former la Normandie, le Lihut est le seul lieu-dit saint-saënnais gardant encore aujourd’hui une notion viking. Lihut veut littéralement dire maison dans la pente, en narrois, l’ancienne langue scandinave. Hlíd est associée à la pente, voire même une « pente boisée » (Congrès du Millénaire de la Normandie (911-1911) Tome 2, p.136 ; Des caractères et de l’extension du patois normand, 1883 p.76). Et Hùs est associée à une maison scandinave. Hùs c’est ce qui donnera d’ailleurs house en anglais. C’est un nom de lieu-dit commun dans le coin. On retrouve notamment Les Lihuts sur Massy ou Elihut sur les Grandes-Ventes (Gaudefroy, 2000).

Alors que tout le lieu-dit et triège forestier est appelé au singulier Le Lihut, on retrouve parfois une distinction avec la partie habitée et cultivée alors appelée au pluriel Les Lihuts ou Les Lihues. C’est notamment le cas sur la carte de XVIIIème. Sur géoportail, le lieu-dit forestier s’étalant dans la forêt d’Eawy plus loin que la simple limite de la commune saint-saënnaise est noté sans article : Lihut.

GÉOGRAPHIE

Topographie

Figure 2 – reprise de La Salandrière

La Forêt

Fond de Saint-Étienne

URBANISME

La Ferme des Lihuts

Les anciens bâtiments de la réputée verrerie ont été réhabilités en ferme et manoir habité, à travers plusieurs générations. Ce sont d’imposantes bâtisses en briques datant du XVIIIème siècle vers 1762 qui encore aujourd’hui (d)étonne d’une couleur orangée contrastée par le contexte vert foncé humide de la forêt d’Eawy.

Ces bâtiments historiques sont aujourd’hui propriétés de la famille Morault (SCI Le Lihut, SARL Fanny, SCEA La Ferme des Lihuts). La Ferme en tant que telle correspond aux bâtiments les plus au sud (autour de la Mare 1 notée sur la Figure 1) et les terres avoisinantes. Des Black Angus y sont élevés pour leur viande.

Plaine du Lihut

Hormis les pâturages de la Ferme des Lihuts, le reste des prairies et champs cultivés est parfois appelé « Plaine du Lihut », notamment celles à l’est de la route menant aux Ventes-Saint-Rémy. Quant aux parcelles les plus au sud, elles ont été récemment rachetées. Le long du bois de l’Hospice les 3 parcelles (notées en B ci-dessous) ont été achetées au prix de 151 000 € le 03.08.2023 pour une surface cultivable de : 47 770 + 20 871 + 41 700 m². Les parcelles plus à l’ouest (A) vers Le Goulet ont été achetées au prix de 42 830 € le 12.02.2021 pour une surface de prairie et futaie de : 13 683 m² + 1 675 m² + 62 516 m².

Hameau du Lihut

Le long de la route, deux parcelles privées indépendantes ont chacune sa petite maison. Pour celle plus au sud (n° 227 ?), la construction de l’actuelle maison daterait des années 1980 et l’autre (n°259) des années 1970.

PARTIE HISTORIQUE

Chronologie

  • ÉPOQUE PRÉHISTORIQUE : traces de présence humaine par ses outils
  • ÉPOQUE GALLO-ROMAINE : riche villa/ferme ?
  • ÉPOQUE MÉDIÉVALE : des maisons isolées
  • ÉPOQUE MODERNE : verrerie
  • ÉPOQUE CONTEMPORAINE : fermes et habitations
  • XIXème : ferme propriété de la famille Renoux (Charles-Irénée et Marie-Alphonse)
    • 1849 : des terres deviennent propriété de Charles-Nicolas Fayolle
    • ~ 1864 : vente au domicile de monsieur « Renoult »
  • 1868 : monsieur Boulanger fermier au Lihut
  • 1889 : ferme propriété de M. GLINEL
  • 1888 : ferme et ses 29 hectares à louer
  • 1889 : ferme occupée par monsieur Glinel
  • début années 1990 à aujourd’hui : ferme propriété de la famille Morault (SCEA La ferme des Lihuts)
    • ~ 1996 : notée comme culture fruitière
    • ~ début années 2000 : élevage de bovins – Blonde d’Aquitaine
    • inscrit au Simagena 2003 : Élevage Morault Blonde d’Aquitaine
    • ~ 2008 jusqu’à aujourd’hui : élevage de bovins – Black Angus
  • 2008 – 2022 : Élevage Bovins par Hervé Gomarin
  • depuis 2022 : Culture de céréales par Hervé Gomarin

ÉPOQUE PRÉHISTORIQUE

Parmi la collection de monsieur Quenouille de la fin du XIXème siècle, les archéologues de l’époque décrivent du matériel du néolithique : « haches polies en silex et silex travaillés : percuteurs, tranchets, grattoirs, couteaux etc. ; un taillant en silex poli et évidé en gouge, semblable à la gouge du Danemark » retrouvée sur la partie habitée des Lihuts. Au niveau de la plaine des Lihuts : des « couteaux, lames en silex, une hache polie en silex bleuâtre, un petit tranchet très large dit flèche à tranchant transversal en silex, et deux gros percuteurs en poudingue » (Bulletin de la Société normande d’études préhistoriques, 1897, p.100).

ÉPOQUE GALLO-ROMAINE

Archéologie attestée

Ont été retrouvés sur les lieux, notamment durant le XIXème siècle : des monnaies romaines, des tuiles romaines et des meules en poudingue supposant que le lieu soit habité, ainsi qu’une hipposandale supposant un lieu assez riche déjà à l’époque (1868, 1869, novembre 1869, 1871). Avoir des chevaux était plutôt un luxe au temps des gaulois. Quant aux cavités retrouvées en forêt d’Eawy juste au nord de la zone habitée des Lihuts, elles pourraient correspondre à des fosses d’extraction du poudingue d’époque gallo-romaine (Bulletin de la Société normande d’études préhistoriques, 1897, p.108). C’est à peu près tout ce qu’on a d’officiellement recensé sur le lieu-dit. Officiellement, car au fil des années des personnes ont récupéré des objets antiques sur cette zone sans les signaler.

Parmi ses ouvrages sur Saint-Saëns, dans le Tome 3 p.25, Claude Fournier légende cette photo comme étant une villa du Lihut. C’est faux. Elle correspond à la maquette de la villa de Saint-Martin-Osmonville qu’on retrouve au Musée des Antiquités de Rouen :

ÉPOQUE MODERNE : la forêt

Carte de Pierre Delavigne (~1680)

Réforme des Eaux et Forêts
sous Louis XV

D’une surface forestière d’environ 250 hectares (historiquement 428 arpents puis 251 hectares), le triège du Lihut est depuis un moment sous garde saint-saënnaise. Dans la Réforme des Eaux et des Forêts (p.100), ils parlent de 520 hêtres et chênes. Le triège historique s’étale au-delà de la limite de la commune jusqu’au Chemin de la Chapelle rejoignant Rosay avec les Limousins (Route Forestière de Missy ?). Si on se tient qu’à la partie forestière au sein de la limite de la commune, la surface est d’environ 112 hectares.

Maison forestière du Lihut

Chronologie

  • 1841 : Pierre Delavigne brigadier forestier
    • Delivet de Barville employé forestier?
    • Scolastique Gardin « sa femme »
    • Éléonor Gentier? domestique
    • Pierre Mégard domestique
  • 1883 : François-Jean-Baptise Verdin, 27 ans de services forestiers
  • jusqu’à 1913 : Elie Pasquet
  • de 1913 à 1916 : Gaston-Auguste Lefèvre
  • 1917 : Louis-Narcisse-Jean-Baptiste Monnot
  • janvier 1937 : monsieur Léon nouvellement affecté, provenant de l’Étoile dans la Marne
  • mars 1937 à 1947 au moins : Albert Laurence (né en 1901) provenant de Bercenay-en-Othe dans l’Aube prend sa place
    • Marie Laurence née Bellet? En 1905
    • ?ette Laurence née en 1952
    • Jacques Laurence né en 1935
    • Henriette Laurence née en 1936
    • Pascal Boutigny domestique né en 1930
  • ~ 1950 : Gaston Lelienne
  • ~ 1980 : Antoine Yeselnik, forestier, qui donna son nom à un grand hêtre pluricenternaire près des Grandes-Ventes
Partie forestière du lieu-dit 1910

ÉPOQUE MODERNE : la verrerie

Les origines

ÉPOQUE CONTEMPORAINE 

Anecdotes

C’est aux abords du Lihut qu’atterrit Madame Blanchard en 1806, femme de l’aéronaute partie de Rouen en ballon à hydrogène (André Lejeune, 1930, p.508).

Le Lihut cité par :

  • Verrerie citée parmi les Réformes des Forêts et des Eaux par Colbert au XVIIème
  • Revue des eaux et forêts (1876, 1877, 1878, 1879
  • Revues de chasse et de vénerie (11.1909, 10.1910, 12.1910, 01.1911, 03.1911, 04.1911, 04.1911, 07.1911)
  • L’Écho de la vallée de Bray
    • Note de monsieur Féré, notaire à Saint-Saëns : Charles-Nicolas Fayolle marchand de moutons de Maucomble a acquis, parmi d’autres terres, celles du Lihut de Charles-Irénée Renoux cultivateur et Marie-Alphonse Renoux marchand de bois (demeurant au Lihut) dont l’immeuble appartenait à leur père (avril 1849).
      • grand-père : Jean-Nicolas Renoux (décédé à Maucomble vers 1808)
      • père : Charles-Victor Renoux (décéde au Lihut le 12.01.1828)
      • mère : Marie-Madeleine Dubosc (décédée au Lihut le 28.11.1848)
      • frère : Charles-Alexandre Renoux (décédé à Rouen le 21.12.1839)
      • Marie-Emélie Normand : épouse d’un certain Victor Renoux
      • Catherine-Aimable Berquier : épouse de Charles-Irénée Renoux
    • Dimanche 25 septembre 1864 vente au domicile de monsieur Renoult, au Lihut, réalisée par monsieur Loison huissier à Saint-Saëns (septembre 1864, novembre 1864)
    • Note de monsieur Mercier, notaire à Saint-Saëns (successeur de monsieur Féré) : Jean-François Lecourtois aîné saint-saënnais, interdit à une pièce de terre de 2 hectares en labour à la côte du Lihut bornée par la route vers Pommeréval, la forêt (dont « en point par la forêt ») et un bout de monsieur Lecourtois, acquéreur (septembre 1866). La terre est mise en vente publiquement en juin 1867, retrouvé plusieurs fois dans les annonces.
    • Note de Gustave Dubot notaire à Saint-Saëns : ferme et ses 29 hectares située au Lihut à louer dès septembre 1888 (juin 1888, juillet 1888)
    • ferme occupée par monsieur Glinel (octobre 1889)

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