Chemin des Dames Blanches


Le Chemin des Dames Blanches – souvent confondu avec la route forestière du Grimplet et à raison puisque qu’à la base une longue partie équivaut au Chemin des Dames Blanches – correspond aujourd’hui à un chemin boueux au creux d’une petite vallée en pleine forêt d’Eawy. L’origine de son nom vient des religieuses cisterciennes, habillées en blanc (Vincent, 2015), qui auraient régulièrement emprunté ce chemin.

Histoire

Les origines du nom

Pendant plus de 600 ans, de 1167 à 1791, les religieuses faisaient régulièrement des allers-retours entre leur monastère le long de la Varenne et leur ferme au Camp Souverain. Nommé par les habitants, le chemin parcouru a alors pris le nom de Chemin des Dames blanches ou Route des Dames Blanches, anciennement appelé Chemin de la reine Mathilde (André Lejeune, 1930). À l’est du cimetière, il existait aussi un ancien dénommé Chemin aux Dames (cf : Les Anglais).

Ce chemin évite les montées abruptes du Teurtre pour arriver au Camp Souverain. Il longe le creux de la vallée alignée à l’actuelle Rue d’Haussez, pour monter par le Grimplet et finalement continuer tout droit vers l’actuel chemin boueux qui est encore aujourd’hui appelé Chemin des Dames blanches. (Et bien que cette partie là, le reste est aujourd’hui appelé Route forestière du Grimplet.) Un total d’environ 6 km.

écrit en décembre 2025

Un plan du XVIIIème siècle

La carte et l’explication précédentes étaient ce que je croyais en reprenant les cadastres du XIXème, les explications d’André Lejeune et les faits historiques. Tout collait. Jusqu’à ce que je tombe sur ce plan du bois de l’abbaye de 1738 ci-dessus. On peut y lire à l’ouest du bois de l’abbaye un chemin appelé « Chemin aux Dames ». Ah ? Ce chemin correspond à une extension de l’actuel chemin de la Garennerie (cf. image ci-contre). Est-ce que toutes les routes forestières avaient un nom lié aux religieuses ?

Ma deuxième hypothèse est celle d’un glissement de toponymie, comme il s’est déjà réalisé ailleurs sur Saint-Saëns. C’est-à-dire que le nom porté par le chemin était porté par un autre à l’origine :

  • Actuel Grimplet et chemin des Dames blanches : chemin de la reine Mathilde
  • Actuel chemin de la Garennerie : chemin aux Dames (blanches) historique

écrit en août 2026

Dernière hypothèse

Ma troisième hypothèse, mais qui me plaît moins, est que l’actuel Chemin des Dames Blanches a toujours été appelé ainsi parce que c’est toujours par ici que les religieuses sont passées, sans glissement de toponymie. Ce chemin boueux actuellement appelé Dames Blanches rejoignait le Chemin aux Dames du plan de 1738 au plus rapide ! Mais – et c’est pour ça que cette explication me plaît moins – cela suppose monter le Teurtre pour ensuite le redescendre ! Si c’était le cas, aucune idée où il aurait pu passer. La tracé jaune est totalement arbitraire. En bref, certes c’est le chemin le plus direct, mais pas le plus praticable :

Géographie de l’actuel Chemin

Sur l’actuelle portion appelée Chemin des Dames Blanches, en forêt, le chemin délimite deux reliefs : le lieu-dit de la Salandrière plus au nord du Teurtre plus au sud. Il suit le fond et la fin d’un mini vallon. Le chemin est donc très souvent boueux et plein d’eau. La forêt d’Eawy ne porte jamais mieux sont nom, quand on pratique ce chemin. De part et d’autre du chemin sont repérés des fossés sur plusieurs mètres après le patte d’oie en se séparant du Grimplet. Une délimitation pareille, je dois avouer trouver ça étrange pour un chemin en pleine forêt et en plus au fond d’une vallée…


À quoi correspondent-ils ? D’anciennes délimitations ? D’ancien chemin creux de bocage (cf. Chemin du Chasse-Marée) ? Des fossés de drainage ? Des fossés de ce genre, longeant une voie ou démarquant une propriété, est plutôt commun dans le coin. Ces mêmes fossés continuent également sur une longue partie du Grimplet. Les plus démarqués fossés de la commune se retrouvent le long de la route forestière du Bully sur le Teurtre (en hauteur par rapport au Chemin des Dames Blanches donc).

Flore

Des dorines à feuilles alterne poussent le long du chemin, particulièrement à la patte d’oie où se séparent le Grimplet et le Chemin boueux des Dames Blanches. Pas étonnant de savoir que ces plantes aiment un sol fortement humide. Par chez nous, elles poussent en sous-bois, souvent au fond de vallon, là où l’eau s’écoule. Il en pousse par exemple aussi dans le vallon coupant en deux le Teurtre et descendant sur le chemin de la Garennerie.

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