La Légende de Maintenon

La légende

Le conseil de la table ronde

Madame de Maintenon serait venue à plusieurs reprises sur Saint-Saëns. Voilà pourquoi la place centrale s’appelle aujourd’hui Place Maintenon. Cette légende, plusieurs fois racontée de la même manière depuis le XIXème siècle (André Havé-Duthil maire de 1889 ; Pierre Le Verdier, 1928 ; André Lejeune, 1930 p.250 ; Émile Barbier, 1933 ; Claude Fournier, 2005 Tome 2 p.30), prend son origine lors d’un conseil municipal du 12 Février 1859. On y raconte qu’à l’origine seule une allée menant à la porte arrière du prieuré portait le nom d’impasse Maintenon, et qu’ils aimeraient donner ce nom à toute une rue voire la place entière.

Pourquoi cette impasse portait ce nom ? Parce que lors de sa visite du bourg, elle aurait emprunté cette porte à l’arrière via la rue Notre-Dame-de-Boulogne, pendant que l’entrée principale aurait été en cours de rénovation, selon ce qu’en suppose André Lejeune. En tout cas, c’est ce que la légende raconte. Pour eux, pour le conseil municipal de 1859 évoqué, c’est catégorique et une vérité absolue : madame de Maintenon est passée là.

Une histoire perpétuée depuis

Le problème étant que nous n’ayons aucune preuve. Aucune lettre. Aucune mention écrite. Aucun objet. Les écrits et historiens locaux précédents 1859 n’en font également aucune mention, comme par exemple Étienne Bosquier dans Notices sur Saint-Saëns (1829). Même les « 3 contre-tables » données par Madame de Maintenon à l’abbaye n’existent plus aujourd’hui (à Robert de Salornay ; Fournier, p.33 Tome 2 ; Leujeune p.251). Elles auraient été « de style grec » et données en 1688 lors d’une commémoration de fin de reconstruction (La Semaine religieuse du diocèse de Rouen, 1883). (Après la fermeture de l’abbaye, ces contre-tables auraient été mises dans l’église paroissiale. Puis l’église a subi un incendie en 1883 et totalement reconstruite en 1900. Les contre-tables ont disparu lors de ces événements là.)

Alors qu’est-ce qu’il en est ? Madame de Maintenon est venue sur Saint-Saëns : Légende ou réalité ? Et si elle était venue, elle aurait entretenue des liens avec qui et pourquoi ? Focus sur la noblesse du XVIIème siècle. Une enquête qui nous mènera de Versailles au Vaudichon, du politique à la religion.

Quand ?

Françoise d’Aubigné

Pour rappel, madame de Maintenon était la femme du roi. De son vraie nom Françoise d’Aubigné, elle est née en 1635 et décédée en 1719. Pour délimiter plus précisément une période à laquelle elle aurait pu venir sur Saint-Saëns, il va falloir s’intéresser un peu à ses biographies. C’est en 1675 qu’elle acquiert les terres de Maintenon grâce à 2 fois 100 000 donné – comme un remerciement ou licenciement – de la part du roi pour avoir élevé ses deux enfants alors à l’époque illégitimes. Mais ce n’est qu’en 1688 qu’elle obtient officiellement le titre de marquise de Maintenon (Biographie réalisée par A.Maral, 2011).

Entre temps, elle a eu accès à la cour du roi – en 1680 – et a épousé secrètement le roi – en 1683. Dès lors, les biographes estiment que Françoise d’Aubigné avait très peu de chance de pouvoir s’éloigner très loin de la cour et du roi. Après 1683, qu’elle vienne d’elle-même sur Saint-Saëns semble encore moins probable. En tout cas, selon les biographes. Si l’on se base là-dessus, on pourrait alors réduire la période de visite sur Saint-Saëns entre 1675, date à laquelle elle n’a plus en charge les enfants illégitimes du roi, et 1683, date à laquelle elle se marie avec le roi.

En quelques dates

  • 27 novembre 1635 : naissance de Françoise d’Aubigné
  • 1660 : devient veuve ; décès de son mari Paul Scarron
  • 1675 : détient les terres après s’être occupé des enfants illégitimes du roi
  • 1680 : l’ascension sociale continue ; elle accède à la cour du roi
  • Octobre 1683 : épouse secrètement Louis XIV
  • 1 juin 1686 : fonde une école à Saint-Cyr (Maison royale de Saint-Louis)
  • 18 Octobre 1685 : révocation de l’Édit de Nantes (1598) interdisant le protestantisme
  • 1688 : obtient officiellement le titre Marquise de Maintenon
  • 15 avril 1719 : décès

Contexte royal

Pour avoir une idée du contexte historique, c’est l’époque du roi soleil, de Louis XIV, du culte de la personnalité royale, du catholicisme dominant, des dragonnades contre les protestants, et l’époque d’un roi déifié imposant ses volontés. Bref, l’époque de la monarchie absolue. Une foi, une loi, un roi. Une volonté de concentrer le pouvoir et de faire taire les diversités qui avait été déjà initiée sous Louis XIII (1610-1643) et parachevé sous Louis XIV (1643-1715).

Au niveau local, sur Saint-Saëns, ça s’est traduit par un lien encore plus direct avec le pouvoir en place. Sous Louis XIII, le prieuré du Camp-Souverain avait été officiellement élevée au rang d’abbaye royale le 17 novembre 1629 – en prétextant que « plusieurs familles nobles cherchent à y être admises » et d’un semblant remerciement à la famille de Houdetot qui a dirigé le prieuré puis l’abbaye sur 2 ou 3 générations. Sous Louis XIV, l’abbaye a été dirigée par des femmes d’autres familles nobles françaises mais en lien avec la cour du roi. On retrouve par exemple les noms de Colbert ou Le Tellier. Ce ne serait donc pas surprenant que Françoise d’Aubigné, dite madame de Maintenon, soit venue rendre visite à ces nobles parisiennes.

En quelques dates

  • 1628 : épidémie de peste
  • 1629 : prieuré des dames élevé au rang d’abbaye royale
  • 18 mars 1652 : énorme incendie du bourg et de l’abbaye (1915)
  • 1647-1660 : Anne Le Tellier abbesse dirigeante
  • 1657 26 février : don important de Michel Le Tellier à l’abbaye (Le Verdier, 1925)
  • 1660-1680 : Madeleine Colbert de Saint-Pouange abbesse dirigeante
  • 1669 : commémoration de reconstructions
  • 1681-1692 : Marie de Cassagnet de Tilladet abbesse dirigeante
  • 1688 : commémoration de reconstructions
  • 1692-1726 : Henriette Marguerite du Bouzet abbesse dirigeante
  • 1693 : famine nationale
  • 1709 : famine nationale

Vue aérienne de l’abbaye après 1950.

Pourquoi ? Hypothèse Colbert

Hypothèse famille Colbert et Le Tellier

La première hypothèse pour que madame de Maintenon ait un lien avec Saint-Saëns est donc cette abbaye royale et ses religieuses « proches parentes de ministres de Louis XIV » (Émile Barbier, 1933). À l’époque qui nous intéresse, il y avait la prieure (1653-1660) et abbesse (1660-1680) Madeleine Colbert de Saint-Pouange (de Villacerf) et sa cousine germaine Marie de Cassagnet (de Tilladet) également prieure (1662-1681) puis abbesse de l’abbaye (1681-1692). « C’est pendant que madame Colbert tenait la crosse que madame de Maintenon vint plusieurs voit visiter Saint-Saëns », affirme-t-on parfois (1905).

Madeleine Colbert était la fille du conseiller d’État et intendant Jean-Baptiste de Colbert (de Saint-Pouange) et de Claude Le Tellier. Colbert et Le Tellier étant deux grands noms de la cour de Louis XIV. Elle a pris la tête de l’abbaye de Saint-Saëns par traité royal, le 17 Avril 1660. Désignée par le roi. C’est donc bel et bien le pouvoir royal en place qui choisissait qui positionner à la tête de l’abbaye (Lejeune, 1930 ; Sandret, 1866, p.78). Une abbaye royale, quoi. Que madame de Maintenon ait connu l’existence de cette abbaye est donc quasiment certain.

Généalogie des familles Le Tellier et Colbert. Les femmes sont tellement invisibilisées
(même abbesses) qu’il n’est pas si simple de remonter correctement l’arbre.

Être abbesse : lieu de liberté pour la femme ?

Connaître l’existence de l’abbaye saint-saënnaise est une chose, mais venir sur place en est une autre. Alors est-elle venue à l’abbaye ? On a aucune trace pour l’indiquer. Ni dans toutes ses biographies et sa correspondance, ni dans les archives de l’abbaye qui de toutes façons ont été brûlées, sauf ce qui reste à l’abbaye de Wandrille… Et même si c’était le cas, qu’elle soit venue à l’abbaye, ce n’est pas ce que sous-entend la légende. Ce n’est pas à l’abbaye qu’elle serait venue, mais au prieuré au milieu du bourg. Ce qui est d’autant moins probable : si je venais sur Saint-Saëns en tant que femme de la haute noblesse, à choisir entre le prieuré du bourg (dirigé par Robert de Salornay à l’époque (Lejeune p.251)) et l’abbaye royale avec des femmes nobles de même catégorie sociale, je choisirais tous les jours l’abbaye.

Les monastères féminins était un lieu d’expression pour les femmes nobles qui étaient soit déshéritées, soit en quête d’indépendance et de reconnaissance quand l’idée du mariage arrangé ne leur plaisait pas. Avec nos mots d’aujourd’hui, certains extrapolent ça comme être une safe place pour les femmes. Mais c’est bien trop romantiser la chose… Parce que de 1) elles étaient souvent placées sans prendre leur choix en compte parfois isolées et loin de leurs proches, et de 2) c’était aussi un lieu de lutte pour le pouvoir. Une femme de haut rang restant simple prieure exploitée et non pas une abbesse dominante à la tête d’une abbaye pouvait être perçue comme une honte pour la famille.

Anecdote parisienne

Pour illustrer un peu le fait que ces femmes de la haute noblesse étaient arrachées de leur quotidien parisien, j’ai une petite anecdote là-dessus. Autour de l’abbaye, elles en venaient à dénommer les lieux par des noms… parisiens. Sur Les Hogues, une ferme existait au carrefour de plusieurs chemins. Elles la nommaient la « Ferme du Louvre ». Il existait aussi, une autre ferme, toute proche de l’abbaye, appelée « Les Tuileries » (aujourd’hui coupée par la route longeant le domaine de l’abbaye (propriétés Dumouchel et Blot en 1930), écrit André Lejeune en 1930) ou encore ailleurs la « Ferme de la Sorbonne » (voisine du chemin allant à Saint-Martin-Osmonville (Le Verdier, 1928)).

Arrachées de force de leur quotidien, dominées par la royauté patriarcale, elles restaient malgré tout de la classe sociale la plus privilégiée. La plus riche et puissante de France. Noblesse et clergé représentait au grand maximum 5% des 20 et quelques millions d’habitants du royaume français. La haute noblesse confronté à la ruralité locale saint-saënnaise. Sacré contraste. Population locale qui, au XVIIème siècle, était très majoritairement rurale, travaillant et vivant dans les champs. En plus, les locaux saint-saënnais parlaient le normand alors qu’elles parlaient le français !

Tout ça pour dire que venir jusqu’à Saint-Saëns était peut-être un peu plus qu’être reclus, là, au fin fond de la vallée de la Varenne. Si madame de Maintenon avait besoin d’un temps pour se retrancher et sortir de son quotidien politique à Versailles, il y avait bien plus simple que venir dans ce coin humide de la Normandie. Il suffisait d’aller à juste à côté : à Saint-Cyr.

Pourquoi ? Hypothèse Brinon

Marie de Brinon

Le 1 juin 1686, la nouvelle « reine » madame de Maintenon fonda une école à Saint-Cyr (Maison royale de Saint-Louis) destinée à l’éducation des jeunes filles nobles dans le besoin, sans fortune. Elle restera en activité jusqu’à la période révolutionnaire de 1789-1795. Illustrée ci-dessus, les bâtiments abritent aujourd’hui le lycée militaire de Saint-Cyr. Elle positionna en tant que directrice de cette école une certaine Marie de Brinon (1686-1688), qui avait auparavant elle-même agit dans l’éducation des filles les plus démunies. Elle se seraient connues plus tôt (vers 1680) « chez le marquis de Montchevreuil » c’est-à-dire Henri de Mornay.

Une seconde hypothèse pour qu’elle soit venue sur Saint-Saëns, provient des liens qu’entretenait madame de Maintenon avec cette certaine Marie de Brinon. Elles étaient de bonnes amies (Lavallée, 1862). Quel est le lien avec Saint-Saëns ? Hé bien justement, parce qu’on y retrouve des Brinon. Où ça ? Au château du Vaudichon. À cette époque, le châtelain était un certain Pierre de Brinon, également seigneur de Meulers et de Rosay. Certains iraient jusqu’à croire que Pierre ait été le père de Marie de Brinon. Or, cette Marie en question n’est pas sa fille mais sa nièce (Charles Urbains et Eugène Levesque, 1909).

Armes de Brinon : « d’azur et à un chevron d’or ; aux chef dentelé du même. »
(Paul Hérissey, dictionnaires des familles françaises anciennes 1921)
Image : (Armoriaux […] Charles-René d’Hozier, XVIIIème)

Famille Brinon du Vaudichon

Fille ou nièce, ça n’empêche pas que le Pierre de Brinon ait pu connaître en personne madame de Maintenon. La famille Brinon, reste tout de même une famille de la même catégorie de noblesse, en étant conseillers au parlement de Paris ou de Rouen sur plusieurs générations (Hérissey, 1921). Alors, était-elle venue au Vaudichon, malgré un lien de parenté plus éloigné qu’a son amie Marie avec ce fameux Pierre de Brinon du Vaudichon ?

L’historien rouennais Pierre Le Verdier (1928) répondait catégoriquement que non. Marie de Brinon est la fille de Charles de Brinon (frère de Pierre) installé dans le Vexin. C’est cette famille là que madame de Maintenon a côtoyé. Bien loin du Vaudichon ! Donc, non. Madame de Maintenon n’est pas venue ni au Vaudichon, ni sur Saint-Saëns. Faute de preuve, je suis plutôt de son avis. D’autant plus que la vie de madame de Maintenon est fortement étudiée. On aurait bien eu un petit indice parmi toutes les biographies !

Conclusion

1859 : les origines

Parmi tout ceux que j’ai lu, alors que la plupart des passionnés d’histoire locale laissent la question en suspend, cet historien – Pierre Le Verdier, également président de l’Académie des sciences de Rouen – est le plus catégorique dans ses propos, affirmant que toutes ces histoires autour de Maintenon ne sont que des « croyances populaires » locales prenant pour origine la « pompeuse » délibération du conseil municipal de 1859. Je suis de son avis. La légende a été créée ou en tout cas officialisée de toute pièce ce jour là. Encore une fois, avant ce conseil municipal du 12 Février 1859, personne de fait mention (en tout cas à l’écrit !) de cette légende de Maintenon.

Il me reste quelques questions à répondre. Pourquoi une telle légende ? D’où est-ce que ça vient ? Sur quoi repose une telle affirmation ? À l’époque de ce conseil municipal, le maire était Antoine Havé-Duthil. Pourquoi faire ce jour là une telle délibération à prendre une légende comme vérité ? Pour se mettre en avant et obtenir une distinction ? Claude Fournier le suppose subtilement en écrivant ensuite : « Il l’aura [sa distinction] avec la légion d’honneur que lui décernera le gouvernement de Napoléon III » le 14 mars 1868.

Antoine-Onésime Havé-Duthil (né de riches familles de maîtres-tanneurs le 15 juillet 1803 et décédé le 11 août 1876 Saint-Saëns) reçu cette légion d’honneur pour, je cite : « bons et loyaux services administratifs gratuits ». Il a été conseiller municipal depuis 1835, adjoint de 1843 à 1844 puis maire de 1844 à 1870 (L’Écho de vallée de Bray du 21 mars 1868). Pour en revenir à la légende de Maintenon, j’y vois une manière d’écrire un « roman municipal » quitte à inventer des trucs pour glorifier la commune, tel un roman national à glorifier la nation quitte à inventer des trucs. Mais encore une fois ce n’est que ma vision personnelle des choses.

Les faits historiques

À cause de cette affirmation municipale puis d’avoir choisie le nom Maintenon pour la place centrale, la légende a par conséquent été un peu officialisée comme vérité. Une légende c’est-à-dire un « récit à caractère merveilleux, ayant parfois pour thème des faits et des événements plus ou moins historiques mais dont la réalité a été déformée et amplifiée par l’imagination populaire ou littéraire » (cnrtl.fr). Et c’est exactement ce qui s’est passé pour cette fameuse histoire d’une madame de Maintenon venue sur Saint-Saëns à plusieurs reprises. On a des éléments historiques factuels qui ont été exagérés et romancés.

Les 2 faits historiques associés sont 1) trois « contre-tables » données par madame de Maintenon elle-même à l’abbaye féminine de Saint-Saëns. D’ici là à dire que madame de Maintenon ait été « protectrice de l’abbaye aux Dames » comme l’écrit Claude Fournier, on en est loin. Le grand protecteur connu est Michel le Tellier (quatrième du nom), plusieurs fois donateurs pour l’abbaye royale saint-saënnaise. Et 2) la porte arrière de prieuré, du monastère masculin du bourg, a été appelée « porte Maintenon » ou « passage Maintenon » (cf. première image de cette page, et le plan du prieuré ci-dessous). Plusieurs exemples d’écrits historiques à l’appui :

  • 1777 : « le passage et l’allez Maintenon, à cause d’une langue de terre qui avance et va aboutir à la rue de Boulogne, servant d’entrée pour la dime du trait Delahaye pour cause duquel passage il y eut transaction le 8 may 1678, liasse 20, cotte 9, lequel passage, le deux may mil six cent dix neuf, appartenait au prieuré suivant les bornes d’un contrat de vente fait par Jean Dufour, page 72 des minutes du notariat de Saint-Saëns. » (reporté par Émile Barbier (1933) dont il retrouve bien les minutes notariales sur le sujet de la vente de Jean Dufour à Charles Richer.)
  • 1786 : travaux à faire « à la porte Maintenon » (reporté par Pierre Le Verdier, 1928)
  • 1791 au 24 août, procès verbal d’adjudication des biens (entre abbaye et prieuré) : « Il est encore compris dans cette partie, le passage de la Barrière Maintenon venant de la rue de Boulogne au dit prieuré, et qui se trouve entre le mur du jardin du presbytère et la maison de la veuve Legendre. » (reporté par Émile Barbier, 1933)

Plan du prieuré de 1690 redessiné par André Lejeune. On le retrouve
aussi ici dans le Bulletin de la Société de l’histoire de Normandie de 1928
.

De Monastère à Maintenon

Un passage ou porte Maintenon ? C’est ce que donnent les écrits du XVIIIème, oui. MAIS ! Mais le terme Maintenon peut aussi n’être qu’un dérivé du mot « Montenon » désignant le Monastère. Avec ce mot, on aurait alors désigné juste la porte du monastère… Rien à voir avec une dame de la haute noblesse. Un peu comme Montivilliers ou Montérolier qui sont eux-mêmes des dérivés du mot monastère.

C’est ce même historien, Pierre Le Verdier (1928), qui propose l’explication. Tout me paraissait clair, convainquant de rationalité. J’étais aligné sur son interprétation historique. Jusqu’à ce qu’il écrive : « Et pour conclure, il me paraît, jusqu’à preuve du contraire, que le nom, défiguré ou non, du passage, porte ou barrière accédant au Val-de-Boulogne, est bien antérieur au XVIIème siècle […] » Monsieur Le Verdier vous la sortez d’où cette info, que le nom est encore plus vieux que le XVIIème siècle ? Il dit être convaincu mais sans se référer à la moindre preuve écrite.

Références

André Lejeune (1930) Notes d’André Lejeune, sur Saint-Saëns
Paul Hérissey (1921) Dictionnaire des Familles françaises anciennes
École nationale des chartes – Madame de Maintenon, avec A.Maral & J-C.Petitfils (Nov. 2018) La presque reine sur https://youtu.be/5bBLpm_3JQc
Louis Sandret (1866) L’ancienne église de France; ou, État des archevêchés et évêchés de France (p.78)
Alexandre Maral (2011) Madame de Maintenon. La presque reine : https://youtu.be/5bBLpm_3JQc
Émile Barbier (1933) La Revue normande : organe mensuel du foyer artistique et littéraire
Théophile Lavallée (1862) Mme de Maintenon et la maison royale de Saint-Cyr
Pierre Le Verdier (1928) Bulletin de la Société de l’histoire de Normandie de 1925-1930

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